Puisque la période était très tendue avec Mulot, je n’ai pas osé vous présenter tout de suite la nouvelle petite garce qui partage ma vie. Nous nous sommes rencontrées il y a plus d’un mois et les choses se sont enchaînées très vite. Elle m’a tout de suite énormément plu et en moins d’une semaine, je la retrouvai chaque soir dès que possible et nous vivions presque ensemble. J’ai passé une période assez trouble, entre ce nouvel amour impromptu, les crises de Mulot (et du coup son départ après avoir officialisé la nouvelle relation) et une conjoncture professionnelle difficile. Je rentrerai normalement dans la vie active d’ici quelques mois, avec ce que ça implique de responsabilités et de changements. Malheureusement je ne pourrai pas profiter longtemps d’elle après son départ dans une autre ville de France, il va falloir prendre le train tous les week-ends.

Le mythe de l’androgyne, tiré du Banquet de Platon, relate l’existence d’une race d’homme aux deux identités fusionnés. Parce qu’ils se suffisaient à eux-mêmes, ils n’honoraient pas les dieux, c’est pourquoi Jupiter sépara les androgynes en deux moitiés. Incapables de supporter le manque, ils erraient en quête de leur moitié et, lorsqu’ils la trouvaient, tentaient de s’unir à elle sans y arriver, jusqu’à en mourir. Zeus tourna ainsi les organes génitaux et permit aux hommes de s’unir sexuellement, revivant durant de brefs instants la satisfaction de se trouver à nouveau réunis.

C’est une soumise efféminée, totalement bisexuelle, polyacceptante mais exclusive à sa Maîtresse que je dresse aujourd’hui. J’ai à disposition une petite ménagère à qui je peux prêter mes vêtements et qui couine comme j’aime lorsque je lui effleure la poitrine ou lui baise le cou. J’adore lui mettre la main aux fesses d’une claque énergique lorsqu’elle nous prépare notre repas. Sa voix monte alors dans les aigus et elle me toise d’un sourire gourmand en baissant les yeux. Elle a réellement besoin de se sentir femme, aussi, petit à petit, nous espérons enrichir sa garde-robe pour qu’elle puisse évoluer en femme dans notre intimité. Homme de naissance mais femme de cœur, j’ai trouvé en elle un reflet de ce que je suis, femme masculine. Elle me rappelle en bien des points François, mon premier amour, qui était aussi un homme qui regrettait son sexe de naissance. Les deux me faisaient part de leur tristesse à être nées homme, cette petite amertume qui faisait de leur quotidien un jeu de mise en scène à force de rentrer dans le moule d’une virilité trop étouffante. Et ce regard un peu circonspect, le matin, face à ce corps masculin qui les laissait indifférente.

Je me dis que le challenge est de taille. La faire s’accepter et oser sortir et s’assumer sans pour autant être gênée dans son quotidien. Il faut que notre relation puisse l’épanouir sans menacer sa vie familiale et professionnelle. Le monde professionnel reste  malheureusement peu ouvert à la non binarité des individus. Sans compter la famille. J’aimerais juste qu’elle se sente, en ma compagnie, comme elle aimerait se sentir tous les jours, qu’elle n’ait pas à arborer un masque ou des comportements qui ne lui sont pas naturels. Pas besoin de prendre l’initiative du rapport, de forcer sur la voix, de faire taire sa sensibilité. Elle sait que je ne l’aime pas moins avec sa barbe qu’en travestie parfaitement épilée. Je ne cherche pas une parfaite image de la féminité. Juste une personne complètes. Le mélange des genres ne me dérange pas ni ne me met mal à l’aise car je ne me sens pas rentrer totalement dans une des deux cases (masculin ou féminin).

J’ai été si fière d’elle lorsque, pour profiter du soleil, nous sommes allées au parc pique-niquer. J’avais amené quelques affaires avec moi et nous avions discuté de faire sa première sortie en tant que femme. Pour l’instant nous préférons ne pas attirer l’attention car elle n’est pas très à l’aise. Nous venons à peine d’acheter sa perruque et quelques accessoires pour transformer son cul en chatte fonctionnelle. Je lui ai passé un leggings noir sous mon mini short en jean. Elle portait, sur sa poitrine plate aux tétons pointés et sensibles un petit débardeur pourpre en coton qu’elle cachait comme elle pouvait avec un gilet de sport et des baskets. Il s’agissait d’une tenue sobre. Elle se sentait gênée de n’être ni totalement un homme, avec ces vêtements qui reflétaient sa perception interne d’elle-même, ni totalement femme sans sa perruque, sans maquillage et avec l’ombre de sa barbe. Elle n’a pas osé parler tandis que nous marchions vers le parc, à quatorze heures de l’après-midi. Je serrais avec force sa paume dans la mienne et lui souriais pour lui montrer à quel point j’étais fière de l’avoir pour femme à mon bras. Les regards n’ont pas été insistants, tout s’est très bien déroulé. Une fois dans l’herbe, posées, à nous embrasser, à nous câliner et manger au soleil, personne ne nous regardait plus. Chacun était occupé à s’amuser. Il y avait beaucoup de monde au parc en raison du temps ensoleillé. Nous n’avons pas eu une seule remarque. À la fin de la sortie, ma femme était beaucoup plus à l’aise : nous discutions et marchions comme auparavant.

Une fois à la maison, je lui exprimai ma fierté. Je sais que pour elle c’est encore dur et qu’il s’agissait de sa première sortie publique

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9 thoughts on “Androgyne”

    1. Pourtant Mulot avait passé bien des épreuves avec Vous. Bizarre de s’arrêter devant ce nouveau être paraissant si fragile, qui avec un peu d’imagination se transformerait si facilement en femme, pour le rester à toujours. Rien de très compliqué apparemment, enfin c’est moi qui pense ainsi, c’est sûr on est tous différents…

  1. Ce qu’il faut surtout remarquer, chers lecteurs, cest l’impressionnante vitesse avec laquelle cet auteur tourne la page… stupefiant

    1. Oui je sais Mulot c’est pas facile, à croire qu’homme et femme ne sont finalement pas fait pour s’entendre et cela malgré tout leur effort. Ainsi donc malgré tout tes efforts et celles de Cléomène. A croire que les hommes et les femmes ne parlent pas la même langue, mais du moins ils essaient de devenir bilingues 😊 Ha ses femmes avec toute la même obsession : trouver l’homme idéal.
      Ben oui on peut rien y faire, c’est ainsi, on ne peut pas changer une femme, et encore moins lorsque c’est une Maitresse en discutant sur ses désirs, savoir s’ils sont légitimes ou pas. De plus pour un soumis les désirs de Maîtresse sont des ordres, même si le dernier de ses ordres est celui de la séparation. Laisse-toi porter par le coté maso cérébral, et de cette souffrance en prendre plaisir, car c’est bien elle qui dirige et fait bien ce qu’elle veut, jusqu’au dernier moment. Après tout n’est-ce pas le plus important, qu’elle soit bien elle-même. C’est ça le plus beau, et le plus jouissif pour un soumis. Utilise ton BDSM jusqu’à la fin pour reprendre plaisir à la place de ta colère. Le bonheur est finalement bien là, elle te montre sa liberté, je trouve ça beau et jouissif ! Je dis cela en connaissance de cause, car j’ai été dans la même situation que toi Et finalement grâce à ce masochiste moral on s’en sort à tous les coups, quel que soit la mauvaise situation. Il faut savoir l’utiliser. C’est probablement une adaptation de survie face à ces situations si compliquées, pour pouvoir rebondir rapidement dans le bonheur. Le bonheur il est bien là, à nous de le voir. Et finalement pour en sortir grand gagnant.
      Quoiqu’il en soit, je pense qu’homme et femme ne sont pas fait pour vivre ensemble longtemps.

  2. Les garçons, ce n’est pas le lieu pour de telles péroraisons. Je crois que je ferai bientôt un article mais : pour la plupart (hormis Mulot, moi, François et A.), vous n’avez pas la connaissance véritable, ni des événements, ni des paroles dites, ni de l’organisation de ma vie sentimentale et sexuelle. Donc distinguez bien les écrits, le scénario que vous vous créez dans la tête et la potentielle marche (subjective) des événements.

    Quant à Mulot : il est regrettable qu’après être parti tu te laisses aller à l’amertume sur mon site, d’autant que nous continuons de nous voir régulièrement. Je n’ai « viré » personne. Admettre qu’on est incompatibles en raison de nos envies différentes (mariage, enfant, couple monogame VS cellule polyamoureuse) n’est pas un crime. De plus, dans une optique poly, il n’y a pas de « délais de décence ». Je ne te dois rien à ce niveau, je t’ai donné ce que j’ai pu. A. et moi entretenons une relation depuis début Avril. François et moi une relation depuis plusieurs années (en intermittence).

    Quant à trouver l’homme idéal. Bon, ceci est un autre débat et je n’ai clairement pas envie de rentrer dedans ! Je n’aime pas trop ces sous-entendus trop plein de généralités et de l’essence des choses.

  3. Cette pensée a fait ma journée : en remplaçant le mot « femme » par « arabe », le dernier commentaire prend une toute autre tournure. Je n’aime vraiment pas ces accès de généralité, même si, peut-être n’avez-vous pas eu beaucoup de chance avec les femmes. Il y a des personnes qui supportent plus ou moins des cohabitations prolongées et je suis d’avis qu’un peu de distance peut faire du bien pour garder l’amour.

    1. Oui c’est vrai, je raconte des généralités, avec les hommes et femmes qui sont bien différent, et donc pas toujours facile de s’entendre au long terme. Mais ça permet de lancer le débat. Et surtout Vous faire réagir et apprendre à Vous connaître. Et même si je Vous suis depuis le tout début, je suis loin de tout savoir sur Vous. En plus ce qui est génial est que Vous aimez aussi débattre 😊

      1. Oui, après j’avoue que ça demanderait plus qu’une réponse en commentaire. Mais personnellement je ne pense pas que le genre, construction sociale au possible, soit une donnée relevante dans le fait que tel ou tel individu puisse évoluer avec tel autre. Prenez deux personnes au hasard ou deux animaux. Elle l’est dans la mesure où on influence certains schémas de pensées et certains comportements, c’est un conditionnement.

        Oui, je ferai un article pour évoquer la partie lacunaire de moi. Je distille de petites info sur ma vie privée mais ce site reste une couverture et je ne parle que de certaines parties de moi, qui me composent mais ne me synthétisent pas en entier. Et heureusement. Mais certains ont tendance à l’oublier.

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