Depuis que mon mari est chaste, nous découvrons de nouveaux jeux. À vrai dire, découvrir est sans doute un terme trop aguicheur, trop vendeur ; bien sûr qu’il était déjà arrivé à Monsieur de rester des jours entiers sans jouir avec pour ordre de me satisfaire sans se laisser aller à la jouissance. J’ai déjà griffé son dos de mes ongles, saisi ses fesses d’un pincement vengeur, mordu son cou osseux ou tordu ses couilles.

Toutes ces pratiques, je les ai déjà réalisées, avec lui comme avec d’autres. Cependant j’avais l’impression que nous vivions cela davantage comme des jeux épisodiques. De petites cordes à rajouter à l’extrémité de nos arcs respectifs. On effleure une fois la tonalité et elle s’évanouit en un instant, tant elle est aiguë et crissante. Du coup jamais je n’aurais pensé composer une sonate entière sur cette nuance.

Après plusieurs années de vie commune, il est difficile de se renouveler. L’élan qui nous traverse est nouveau à lui seul parce qu’il est différent des précédents mouvements de notre couple, et en cela, il renouvelle notre relation.

Mon mari, revigoré par nos vacances, est encore plus turbulent qu’à l’accoutumé. Malgré son abstinence, il contient moins bien son désir. Et le voilà à venir m’embêter dans le lit, ne trouvant rien de mieux à faire de sa soirée que de venir me renifler le cou et de chouiner qu’il avait envie de moi, comme un gosse larmoyant qui trépigne pour avoir son quatre-heure à l’avance.

J’avoue qu’au bout de deux fois très agréables, à bien profiter de sa queue en moi, je commençais à me lasser de ses services. J’étais préoccupée par la fin de soirée qui se profilait et le réveil qu’il faudrait remonter plus tôt. À ce matin de novembre qu’il faudrait affronter ; à la pluie, au bus, au métro qui l’accompagneraient.

À la troisième tentative, j’ai d’abord feint de l’ignorer, mais Monsieur n’était pas de cet avis. Il ne cessait de tourner autour de moi, à se rouler sur le dos comme un chien en attente de grattouilles sur le ventre. Face à ses baisers insistants, j’ai fini par me fâcher. Pas rouge, évidemment, j’étais énervée comme une mère peut l’être face à un garnement qui fait une bêtise plus mignonne que vilaine. J’ai donc fait mine de céder : je répondais avec plus de vigueur à ses baisers, j’ai même commencé à lui flatter la queue. Autant dire que rien n’est aussi radical pour calmer un homme agité. Une fois la caresse initiée, il se laisse aller comme un gros chien et ne bouge pas d’un cil. Tant que ma main reste occupée, il tétanise de plaisir, les bras et jambes en croix à gémir doucement.

Mais au lieu de le satisfaire, ma main est descendue. Je lui ai saisi les couilles et j’ai commencé à les malaxer, l’air de rien. Il adore ces caresses. Voyant qu’il se mettait à bander franchement malgré l’heure tardive et les longs quart d’heures précédents à me faire l’amour, je l’ai félicité avant de le tirer sur moi, en missionnaire.

Il se croyait exaucé… Jusqu’à ce qu’au lieu de lui saisir la queue pour le diriger en moi je finisse par l’attraper fermement par les couilles. D’un coup sec, je l’ai obligé à coller son corps au mien en attirant ses bourses pleines de jus contre moi. Il ahanait sans opposer de résistance, le cou offert, la bouche ouverte dans un cri sourd contenu dans l’oreiller.

Je l’ai longuement torturé en lui broyant les couilles. Je préfère une tension constante et franche à un coup ou à une gifle, même si ce jeu m’amuse lorsqu’il est en station debout. Dès qu’il arrêtait de crier ou qu’il se calmait, je changeais de cible. L’une après l’autre, j’augmentais la résistance de ma main sur ses petites boules. Je ne lui laissais que quelques instants de répit où je l’embrassais à pleine bouche, le griffais dans le dos ou lui pinçais les fesses. Une caresse sur le dessus de la queue, et, sans prévenir, je lui distillais une vague de terreur dans le bas-ventre en lui pinçant la peau des testicules.

Cela me faisait rire de le sentir se contorsionner contre moi. Ses plaintes suraiguës, très féminines, couplées à ses mots suppliants, le ridiculisaient d’autant plus que je sentais sa virilité à ma merci. Ce qui ne l’empêchait pas de bander bien fort. Je l’enjoignais à crier encore pour me contenter, et tant pis si les voisins nous entendaient ! Sa queue tressaillait lorsque je resserrais l’étau. Il ne cessait de couiner, et moi de l’encourager par des flatteries et des caresses intermittentes.

― Tu es ma sale bête.
― Je suis tout à toi. Tu peux faire ce que tu veux de mes couilles.

J’ai joué quelques minutes supplémentaires avec sa résistance avant de me lasser. Grâce à la douleur, même si l’excitation n’était pas réellement retombée, il était enfin disposé à me lâcher la grappe.

Nous avons donc passé un moment merveilleux uniquement centré sur son broyage des couilles. Dommage qu’il ne reste, ce matin, ni marque ni douleur, preuve de ma relative clémence. Le matin pluvieux de novembre et le bus étaient moins terribles qu’à l’accoutumé en recevant ses messages m’enjoignant à lui serrer le paquet. Que sa douleur serait un cadeau qu’il m’offrirait avec plaisir. J’élaborai donc mentalement un entraînement complet, mêlant exercices de résistance et d’endurance, afin de tester la dureté de ses noix. La coquille mûrirait en automne.

2 thoughts on “Battre la baratte”

  1. Vous revoilà, Mademoiselle, vous n’êtes jamais aussi excitante que lorsque vous parcourez votre terra incognita sexuelle. Au plaisir de cheminer à vos côtés. Zinga….

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