Les jeux d’argent, beaucoup en parlent, peu pratiquent. C’est ce qu’on dit du moins pour nombre de domaines.

Pour ma part, cela fait peu de temps que je m’y intéresse. Je suis encore tributaire de mon éducation où une femme qui offre un service sexuel rémunérée est indigne, fait honte à toute sa race. Depuis je me suis forgée ma propre opinion, je trouve hypocrite de hiérarchiser un type de service plus qu’un autre. Le fait est que j’aime dominer, humilier, transgresser. J’ai eu l’occasion de rencontrer quelques hommes amateurs de jeux d’argents, de dépouillement virtuels ou réels. Leur nombre est trop largement surestimé mais ils existent néanmoins. Je ne les cherchais pas, ce sont eux, fervents lecteurs, qui sont venus vers moi. Je n’ai jamais cherché l’argent pour l’argent, même si, pour être honnête, mon statut d’étudiante fait que je suis loin d’être très riche. Même si la composante pécuniaire rentre dans nos jeux, je n’y trouve rien de plus condamnable que dans d’autres fétichismes. Loin de pouvoir se comparer à de la prostitution, les hommes fonctionnent aux dons, lorsqu’ils le désirent. Ce sont eux qui me proposent spontanément, dans nos rapports, de m’offrir un virement. Se sentir vulnérable auprès d’une femme peut revêtir bien des aspects et se faire dépouiller est sans doute l’un des plus symbolique alors que l’homme doit encore, symboliquement, subvenir au confort de sa femme. Elle lui prend de force ce qui montre numériquement le poids qu’a l’homme dans la société. En même temps qu’elle le rétrograde socialement, la femme lui casse sa virilité, car il n’y a (bien évidemment) que les impuissants, les marginaux et les tordus pour avoir envie 1. de payer pour du sexe 2. de se faire humilier 3. de se faire dépouiller par une femme. Il y aurait beaucoup à en dire quant à la réflexion que soulève les jeux d’argent et le money slavering, pratique qu’on trouve peu ou pas du côté des soumises sexuelles. Une fois encore le BDSM, et le sexe en général, par son aspect ludique voire transgressif, montre que les fantasmes sont liés au contexte social dans lequel évoluent les participants.

Mon emprise se développe sur Mulot. Il n’avait jamais vraiment compris les jeux d’argents même s’il est axé dégradation. Moi pas vraiment non plus jusqu’à il y a quelques mois. Petit à petit, j’ai fait rentrer dans son univers l’humiliation d’un mari cocufié par sa femme. L’argent est venu tout naturellement. D’abord l’excitation est survenue en imaginant payer pour mes amants, pour les gratifier de leurs bons et loyaux services à mon égard, lui qui, en bon impuissant sous cage, ne pourrait honorer sa femme. Double humiliation que de payer un homme pour se tromper soi-même et pour honorer la femme qui, symboliquement, devrait vous être soumise et vous offrir gratuitement ses services sexuels. Ne dit-on pas, son épouse ? Le devoir conjugal semblait auparavant l’apanage des femmes mariées. Tel n’est plus le cas avec la modernité, et le mari impuissant n’a d’autre choix que de devenir soumis et de veiller, malgré tout, au confort de son épouse. Confort sexuel puis matériel. L’humiliation extrême était atteinte lorsqu’il s’imaginait joyeusement mis à l’écart des festivités. Le plus excitant pour lui n’est pas de regarder la scène de coït entre moi et mes amants, mais bel et bien, pendant que je m’amuse, de trimer pour nous. Il aime faire la vaisselle, le ménage, nous chercher à manger ou encore laver la voiture tandis que je me fais voluptueusement baiser par mon flirt de l’après-midi. J’avoue que ces fantasmes me comblent de joie. La tradition des soupeurs a encore de beaux jours devant elle. Il aime plus que tout être avili au statut de meuble, puis de trou humain. Trou à crachats, face pour semelles sales, bouche à pisse, œillet à bites et face d’urinoir. L’argent s’est greffé petit à petit sur ces fantasmes de plus en plus humiliant, fantasmes cuckold dont il n’avait pas soupçonné le plaisir il y a encore de cela quatre mois.

Malgré tout il reste difficile d’envisager le poly. Des progrès ont été faits. D’autres restent à faire. Il semble enfin plus proche que jamais à accepter notre évolution. Toujours le problème du fantasme et du réel, du moment d’excitation et du vide lancinant dans les couilles.

Je ne sais pas ce qui lui a pris ce soir. Rien ne laissait présager un tel débordement, au demeurant inédit. J’ai pris conscience ce soir que je venais de transformer mon petit copain en money slave. J’avais réussi à conditionner son envie, à greffer sur ses kink de nouveaux. Je me retrouvai devant ma Galatée en cage. Pas encore intégral mais en tout cas que cela faisait désormais partie de ses nouveaux fétichismes. Finalement ce n’était qu’une branche de plus à l’onglet dégradation.

J’avais envie de lui, lui pas. Il m’avait parlé durant la soirée, avant le repas, de me faire un virement. J’avais accepté, choisissant la somme de cent euros. Il a remis cela sur le tapis, comme ça. Il m’a tendu son portable. Je savais comment le happer dans la spirale infernale de l’envie. Il était fraîchement sorti de cage. J’étais penchée au-dessus de lui, il pouvait voir l’écran de son propre portable, l’appli de sa banque, sans pouvoir l’atteindre. Il n’en avait pas envie. Lorsqu’il a vu que je mettais plus que ce que j’avais dis, il s’est senti puissamment utilisé. Il a gémi et s’est mis à bander très dur directement. A la suite de quoi j’ai pu longuement l’utiliser, tant financièrement que sexuellement. Je le chevauchais tandis que d’une main, je tenais son portable, prête à appuyer sur la touche fatale qui me permettrait de faire de son pécule durement gagné le mien. Je me suis octroyée le droit de cinq virements. Il était si excité qu’il est parvenu à jouir une première fois sans éjaculer entièrement. Cela faisait longtemps qu’il se contenait, plusieurs jours sans doute voire une bonne semaine, tant et si bien qu’il cria puissamment. Il était encore d’attaque pour continuer. J’ai joui également une fois au souvenir de son long râle féminin. Puis je l’ai utilisé encore un moment tout en l’insultant, le doigt toujours appuyé sur la gâchette. Il me suppliait de le prendre plus. Il voulait se sentir utilisé. Parfois, il me dit qu’il rêverait de me donner ton salaire et que je gère ses propres finances, ne lui donnant que le strict minimum pour manger, payer ses factures et vivre au jour le jour. Parfois je me ferai un plaisir de le laisser au bord de la disette, pour l’humilier davantage.

Il m’avait bien servi tout le week-end et je m’étais grassement servie. Moins que ce dont il aurait rêvé. J’avais trop peur du retour de bâton post-orgasme. Ce fut un moment très fort. Un de ces orgasmes qui le laissent transi presque deux minutes durant. Quelques frissons et tremblement des membres m’informèrent que le subspace, l’état de transe mentale, n’était pas un horizon si éloigné. Parfois, même sans jouir, parfois même sans bander, juste par les mots et la force de ses fantasmes cérébraux, au son de ma voix il finit par avoir le corps secoué de soubresauts et de tremblements, comme s’il frissonnait jusqu’aux os. Par mes encouragements, mes caresses et mes mots aigre-doux, parce que je le connais bien, je module son excitation pour le faire plonger plus alors dans le subspace ou je le modère, je le laisse redescendre, reprendre son souffle à la frontière des nuées, juste assez pour une nouvelle ascension en apnée.

One thought on “Comment j’ai transformé mon copain en money-slave”

  1. Bonjour Madame ou Maitresse, je dois dire avoir éprouvé un immense vertige, émoi, trouble, érection aussi à la lecture de ce magnifique texte.
    J’ai moi aussi ce désir profond d’être utilisé, abusé, exploité financièrement sur le très long terme, je rêve d’une disette savamment orchestrée et mise en place de façon certaine par ma Maitresse.
    Mes failles apparentes sont ténues mais béante en profondeur, elles n’attendent celle qui saura les explorer les approfondir, en faire des gouffres sans fond dans lesquels puiser tout ou partie de vos ressources!
    Oui je suis faible, immensément faible, il m’arrive bien amené de tomber dans une sorte de catalepsie ; en fixant un pied féminin, en respirant certaines odeurs féminines etc…
    Une fois dans cet état je me mets à proposer des paiements répétés, irresponsable, je supplie ma Maitresse de bien vouloir abuser de moi de mes économies, salaires de mes biens!
    Je suis incapable de m’arrêter de payer, tel un drogué avec sa substance.

    Accepteriez-vous Madame d’explorer mes faiblesses ? puis-je vous supplier à genoux de bien vouloir me prendre mes salaires, de me laisser exsangue, mois après mois ? de bien vouloir m’appauvrir afin de vous contenter un peu ?
    Madame ou Maitresse je vous supplie de bien vouloir me dégrader financièrement.
    Je peux également faire office de larbin, tête à claques, bête de somme, défouloir, sujet d’humiliations etc… au plaisir de Madame.
    Mon ambition, alimenter le feu de vos désirs et plaisirs tout en vous permettant d’exercer vos arts, littéraire et SM.

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