Les premières fois s’enchaînent. La peur me tiraille toujours un peu lorsque je déshabille un homme pour la première fois. Peur de regretter, de se regarder, gênés, après un essai infructueux. Parfois l’alchimie ne prend pas malgré un départ en première ligne. C’est ça le plus gênant. Mais ça l’est moins que de fonder une relation sur un mauvais coup et de s’y sentir ensuite prisonnier. Cependant on ne sait pas avant que de tâter. Mon grand-père, en son temps, disait à ma mère que les hommes étaient comme des melons : d’abord leur tâter la queue avant de les choisir. Toujours un peu d’appréhension, donc, mais jamais assez pour devancer l’excitation et l’envie : si le rapport est inversé, c’est que je sais que ça ne marchera pas et que je laisse ma libido obscurcir ma raison. Ça n’a jamais rien donné de bon sinon des amitiés bafouées et des histoires.

Tout nu il est adorable. Un corps sec comme je les aime, avec des hanches un peu osseuses, une cage thoracique pas trop large et une toison pubienne sombre. Il a la peau plus foncée que mes autres amoureux. Des vacances au soleil on tanné sa peau de brun qui prend facilement le soleil, ça lui donne un petit côté détendu que j’aime bien et qui se marie avec son air nonchalant. Il a l’air de rien, ce petit air d’être partout presque à l’aise. Il est à la fois plutôt masculin mais très doux et calme dans ses gestes, ses expressions. J’ai l’impression que je pourrais prendre l’ascendant, du coup ça me plaît. J’imagine bien sa petite tête de chiot s’appuyer contre ma peau et humer les odeurs de mon bas-ventre.

Je le découvre par caresses successives. Impossibles de nous désouder. Peau contre peau, lèvres humectées l’une contre l’autre, passage de salive d’une bouche à l’autre, sexe dégorgeant sur tout mon corps, nous devenons liquide face à la chaleur qui ne daigne pas retomber. Il lèche tout mon corps et découvre mes odeurs. Il finit la tête entre mes cuisses, devenu fou furieux à la vue de toute cette peau à suçoter, rendu lubrique face à cette toison odorante de sueur, de mouille et d’urine qu’il a pour mission de téter jusqu’à la lie. Chaque trou y passe. Pendant des heures nous oscillons dans tous les sens comme un petit asticot, jusqu’à ce que sur nos corps et nos bouches ne se distille plus qu’une même odeur, une odeur de rut universelle qui résume en une note tout l’éventail de nos humeurs.

Le contraste est juteux. Derrière l’homme encore retenu par un fil tendu de convention se dégage l’animal, l’homme brut qui a rêve de vivre ses fantasmes. De laisser la bête prendre les rênes. Je flaire un bon jouet, bien membré, prompt à me satisfaire au moindre claquement, pendant de longues minutes. Il bande comme un damné et répand sa mouille sur mon lit. Je pue l’animal et le vice. J’adore ça, ça m’avait bien manqué ! De voir que ce n’est pas feint. De sentir qu’il veut sa femelle. Cette odeur de rut qui se répand de ma chatte, de mon cul, de mes aisselles, de sous mes seins lourds et moites, de mes pieds le rend littéralement fou. Culte des fluides et des odeurs. Doux jeux en perspective.

Je suis satisfaite de mes orgasmes multiples. Il vient se poser, tout collant, contre mon flanc. Il a encore l’échine tremblante. Le jus lui est monté à la tête et n’est toujours pas retombé. Je sombre petit à petit dans un demi sommeil tandis que, raide, contre moi, il n’a d’autre choix que de subir avec délectation sa frustration. Dans ma grande charité, en me réveillant, au milieu de la nuit, dans la pénombre, j’agite son membre toujours gonflé pour le sentir inonder mes draps.

Quel plaisir de m’endormir dans un mélange de foutre, de sueur et de mouille. Liqueurs de débauchés. Humeurs coupables, témoins de la dissolution de toute barrière et de la création d’une intimité nouvelle.

One thought on “Fabien : portrait d’une initiation [part. 2]”

  1. Toujours Votre style direct, à mots choisis. Mais quels mots cette fois ! un récit si sensuel, si sexuel, terriblement excitant. Merci encore !

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