J’ai l’impression que Mulot n’a pas encore pris conscience de la difficulté, au sein du milieu, de trouver une femme dominante qui vous correspond, a les mêmes désirs, est prête à vous donner de l’amour. J’ai l’impression que Mulot, avec son profil de dégradé, cumulerait les difficultés à trouver une maîtresse monogame, prête à établir avec lui, malgré une sexualité débridée, une apparence de normalité. Culturellement, et je l’ai vu à la soirée publique, les femmes sont peu enclines à l’humiliation d’hommes dans la sphère amoureuse, ce qui remettrait trop en question leur vision de leur partenaire. Ce dernier, alors, perdrait leur admiration et leur estime. Un homme qui jouit dans les ordures serait alors, soit obligé de renier ses fantasmes et de se plier à une vie vanille afin de pouvoir engendrer, soit de se complaire dans la soumission. Mulot pourrait sans doute espérer peut-être trouver des femmes pour jouer et être dégradé de temps en temps, mais je ne suis pas sûre qu’il retrouverait une Maîtresse prête à lui témoigner des sentiments tout en le poussant dans ce chemin. D’autant plus que Mulot est féminin de nature, ce qui repousse pas mal de femmes, même dominantes, qui cherchent davantage un homme soumis qui fasse tout de même « vrai mec ». Je comprends difficilement la façon de penser de mes semblables, c’est sans doute pour cela que je n’ai pas d’amie féminine.

Aucune femme n’a souhaité lui cracher au visage, malgré l’inscription assez explicite, « Crachoir ! » qu’il arborait sur le torse. Il était promené en laisse et me suivait docilement, remplissait les tâches que je lui ordonnais de faire. Il lavait mes semelles et mes pieds sales de sa langue. Il était utilisé comme paillasson, réceptacle de ma pisse et de mes crachats, repose-pied, masseur. Je lui crachais sa nourriture directement dans la bouche après l’avoir mâché, il n’avait rien le droit d’avaler par lui-même s’il n’avait été au préalable mouillé par ma salive. Je l’ai également fait couiner en lui enfilant quelques doigts, devant tout un troupeau de mâles excités. Certains ont accepté de lui cracher dessus. Ce fut une formidable soirée.

Même si Mulot est revenu, je ne le sens pas encore totalement au clair dans sa tête. Une partie de lui n’a toujours pas renoncé à m’avoir pour lui seul. Il a fait d’indéniables progrès, c’est certain, cependant la partie n’est pas gagnée pour autant.

Je l’ai bien vu, à la soirée. Il a adoré Lehran, il se sentait bien en sa compagnie et tolérait même de tenir ses pieds sur son dos. Néanmoins il est venu me trouver afin de me demander que je m’occupe davantage de lui. Je pense que sa principale peur est que je lui consacre moins de temps. Il aimerait que je le favorise en toute chose, ce qui va à l’encontre de ma conception des relations comme égalitaires entre elles. J’estime qu’il serait peu sain de privilégier un soumis et de laisser les miettes aux autres dans un cadre sentimental. Je ne parle pas des rares relations épisodiques ou des jeux ponctuels qui sont soumis à d’autres règles, mais bel et bien d’appartenance véritable, avec port de collier. Le soumis a alors besoin de compter sur sa Maîtresse, d’être éduqué, de partager du temps avec elle afin que la confiance puisse se nouer au sein du couple.

Excité, Mulot serait prêt à accepter tout. Même que mes amants lui passent dessus pour l’humilier. Le problème c’est qu’il faut que l’excitation soit contrôlée. C’est de plus réducteur que d’estimer pouvoir lui imposer la polyandrie grâce au sexe. C’est cependant l’option envisagée, actuellement. Pour se faire, Mulot a porté une cage de chasteté cette nuit. Lorsque nous nous étions rencontrés, il me disait que la cage consistait en un de ses rares tabous. Pour moi il est prêt à évoluer. La vérité est qu’elle lui plaît, même si le réglage final doit encore être trouvé. Il a apprécié la porter toute une soirée, puis toute une nuit.

Il veut devenir de plus en plus un véritable soumis, un larbin obéissant, une petite merde prête à tout endurer. Cette condition lui fait peur, ce qui est légitime. Peur de perdre les pédales par rapport à ses fantasmes débordants. Peur d’être mal considéré par moi à terme. Peur que je me lasse. Peur que je ne le voie plus que comme la petite merde et que donc, naturellement, mes autres amoureux et soumis prennent de la place.

Le problème c’est que le dégrader lui fait infiniment plaisir, mais à la seconde où Monsieur n’est pas dans son monde fantasmatique, la force de ses résolutions se fissurent. La cage, en le forçant à négliger sa queue, peut le conserver à la fois dans un état d’excitation fort, à la fois peut lui permettre de se dédier à moi et de devenir un soumis plus docile.

Mulot se trouve à un carrefour de son existence. Il doit choisir entre une vie conventionnelle à terme et notre mode de vie BDSM. Le fait d’élever des enfants à plusieurs le hérisse trop, sans parler de mon envie d’effacer toute paternité. Il estime cette vision des choses infaisables et trop malsaine. Il a en outre peur, car il estime qu’il pourrait passer le point de non retour. Je le connais. Je l’ai vu à la soirée. Je l’ai vu irradier alors qu’il avait le visage dégoulinant de salive. Je l’ai vu boire la pisse de Lehran et de moi mélangée. Je l’ai vu bander alors qu’il mangeait ma merde dans son écuelle. Il veut sans doute l’ignorer, mais cela fait bien longtemps qu’il a dépassé le point de non retour. Il ne saurait être pleinement heureux dans une vie conventionnelle. Il me veut moi, il me répète à quel point je suis devenue importante dans sa vie et à quel point je suis une bonne Maîtresse pour lui. Il a conscience d’avoir énormément progressé déjà : il est passé du stade de jeune homme fantasmant et n’ayant pas passé le cap du réel à soumis dégradé. Petit à petit il larbine et devient un soumis dans l’intimité, nos moments se cantonnent de moins en moins à la chambre à coucher, et c’est ce que nous désirions tous les deux. Il doit maintenant apprendre à trouver son plaisir par le mien uniquement et à oublier le sien. À sublimer sa peur de me perdre, ses insécurités, à prendre davantage de plaisir dans la frustration que dans son éjaculation après trois minutes stupides de branlette rapide.

Lorsque j’ai ramené Lehran à la maison, Mulot n’était pas franchement satisfait. Nous avons fini tous les trois dans le même lit. J’ai commencé à jouer avec Lehran sans regarder Mulot, ce qui le fit trembler d’excitation. J’ai pu faire l’amour devant lui, l’humilier de la sorte. Mulot, excité par toute une soirée de crachat, de jeux de pisse, de trampling et d’insultes, a joui extrêmement vite. Je n’avais pas encore de cage pour lui à l’époque. Puis il est allé sur le canapé d’où il nous observait extrêmement gêné. Il a bien essayé de lutter, mais je l’ai finalement vu se rhabiller et partir. Pas de scène déchirante cette fois, pas de mail insultant. Il s’est excusé, il avait vraiment trop mal. Mais une fois arrivé chez lui, il m’a écrit un mail dans lequel il me donnait sa vision des choses. Il devait être dégradé, aller plus loin, sans quoi il ne pourrait pas réussir à franchir ses barrières et la souffrance de devoir me partager. Il l’a exprimé devant nous deux. C’est quelque chose de fort qui se joue en lui, une véritable souffrance physique et psychologique. Lehran l’a un peu rassuré, mon comportement également, cependant il y a du chemin.

J’espère parvenir à faire de lui un véritable soumis obéissant à terme. Soit il sera prêt et assez mûr pour évoluer, soit il restera dans son coin. J’espère qu’il se rendra compte de la chance énorme qu’il a de m’avoir, et potentiellement d’avoir un binôme avec lequel tout s’enchaîne si naturellement, qui est même prêt à nous inviter tous les deux chez lui à l’occasion. Mulot a beaucoup de potentiel, je sais qu’il n’est pas parfait, mais c’est à moi d’essayer de le faire progresser à la mesure de ses possibilités, et d’arriver à le rassurer.

Crachat sur Mulot-le-crachoir à la GPn°33
Crachat sur Mulot-le-crachoir à la GPn°33

3 thoughts on “Going further”

  1. je crois que seul le temps et la pratique peuvent permettre à mulot d’évoluer. Reste à voir si son évolution se fera dans un délai acceptable pour Vous puisque Vos attentes principales divergent un peu.
    je pense que le principal obstacle pour lui est de réussir à pleinement accepter ses pulsions, dont il doit avoir à la fois besoin et honte. Peut être que du coup il n’est pas encore prêt à vivre sa soumission à plein temps or les moments où il l’accepte ne vont pas forcément correspondre à ceux où Vous voulez exprimer pleinement Votre Dominance ce qui peut mener au clash.
    Il faut aussi qu’il réalise la chance qu’il a de pouvoir vivre aussi rapidement et facilement ses fantasmes, s’il avait dû galérer plus longtemps et connaître des échecs auparavant, sa vision serait peut être plus nuancée.
    Avant même que vous ne l’évoquiez dans Votre message, j’avais pensé à la cage de chasteté comme un moyen possible de faire évoluer son comportement. Parce qu’ne faisant de Vous l’unique personne à même de satisfaire ses besoins sexuels devrait le pousser à porter encore plus d’attention à Vos besoins et Vos envies. Sans compter que c’est aussi un rappel permanent de son appartenance.
    j’aurais aimé pouvoir Vous donner des conseils mais je crois que la meilleure des solutions est la communication. En partageant vos envies et vos ressentis, vous vous comprendrez et serez plus à même de faire évoluer votre relation dans le bon sens.
    je pense que mulot à besoin d’être rassuré quant au fait que le fait que Vous alliez voir ailleurs ne remet pas sa place en cause. Comme je pense qu’il doit aussi Vous rassurer dans son désir de Vous servir de son mieux et de penser à Vous avant de penser à lui.

  2. Lecteur silencieux depuis quelque mois, j’écris pour la première fois ce message juste pour vous remercier et soutenir pour vos écrits et votre partage de votre aventure. Loin des fantasmes idéalisé ou des idées reçus, votre histoire, avec ses hauts et ses bas est d’une authenticité pure et appréciable et très intéressante. Je vous souhaite vraiment le meilleur en espérant de tout cœur que vous arriverez petit à petit à vos buts.

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