On pourrait croire qu’à la limite entre hier et aujourd’hui, la volupté cesse, que les corps endoloris des amants finit par s’apaiser, que le fleuve du désir se tarit. Pourtant  c’est dans ce no man’s land du désir que les voluptés futures, déjà, se préparent. Je baise une dernière fois tes lèvres sèches, ton cou où je ne devine plus les marques de dents. Lasse, je finis par poser ma tête sur ton torse. Ta main encore moite s’enroule autour de mon épaule. Une odeur entêtante, celle de ma chatte, peine à se dissiper autour de nous. Elle t’apaise. Tu me presses une dernière fois avant de te raidir. Je suis toujours plus longue que toi, pour m’endormir. Nos frasques t’ont épuisé. Je sais que tu dors car tu tressautes des pieds. J’aimerais te rejoindre mais je n’y arrive pas, alors je songe à la jouissance passée, à ces mots interdits qui ont franchis nos lèvres. J’en sens la cuisante morsure. Je me sens perdue, tout à coup, dans le silence de ton corps. Ma main, sur ton nombril poilu, se décale, jusqu’à embrasser le paquet de chair, cette queue ridicule où sèche une goutte égarée de sperme. Ma seconde main te tient plus fermement. Enfin je me détends, je m’assoupis, prête à te rejoindre.

Mais qu’elle prenne garde : Morphée ne doit pas ignorer que tu restes à moi, même sur le territoire du sommeil.

One thought on “Défier Morphée”

  1. j’aimerais aller dans le sommeil comme j’avance dans l’amour: avec l’impossibilité d’en revenir , brulant jusquau dernier tous mes vaisseaux chantants. (kelen)

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