Il ne faut souvent pas grand chose pour que la poudre prenne feu : généralement, il vient de lui-même, comme une mouche en vol stationnaire au-dessus d’un sac de farine, à intervalles réguliers. Il presse son nez contre mes fesses, se met à renifler l’interstice poilu qui masque encore – pas pour longtemps – la petite fente en contrebas. Je ris en empoignant à travers les voiles tendues le mât qui, dans mes mains, devient un fameux gouvernail. Il bave à travers le tissu et profite de mon côté recto pour venir se caler entre mes deux seins, espérant flairer la petite odeur de transpiration qui se loge entre et sous les deux lobes. Parfois je ne me lave pas pendant des jours. J’urine, j’exècre avec la satisfaction de savoir qu’il repassera méticuleusement sur tous mes trous, que son nez suivra la piste que l’effort a laissé dans mes creux moites. Cette petite toilette suffit généralement durant la semaine. Un petit coup d’eau de parfum à la cerise, dans le creux du cou, et l’illusion sur cette petite brune en tailleur, le foulard noué autour du cou, oscillant d’un talon sur l’autre, est totale. Il savoure longtemps les odeurs massées dans mes plis de peau. C’est un bon nettoyeur. Une fois sa langue passée, je l’entends se plaindre de me sentir si propre. Je remonte ma culotte en lycra et le congédie. Parfois il a le droit de continuer à se frotter contre mes plantes de pieds pendant que je surfe sur internet.

Mais il n’est pas que bon à nettoyer, et c’est là toute sa force. Contrairement à bien des soumis, il ne se contente pas du rôle passif. Il est profondément animal. Un soumis assez viril, au demeurant, même si j’aime beaucoup aussi les sissy et autres hommes très féminins. Disons qu’aimer se laisser faire n’est pas synonyme de mettre les bras en croix, et n’être que receveur. J’aime que la personne soit malléable, qu’elle aime obéir, qu’elle se laisse diriger sans opposer de résistance. En l’occurrence, venir me baiser voluptueusement, me lécher pendant des quart d’heure entier ou se retenir est un talent précieux et bien trop rare. C’est trop facile, de se laisser faire et de vouloir que la femme fasse ceci, cela, comme cela. En fait, c’est juste de la soumination, qui se déguise en passivité. Quand généralement je pose les doigts sur mon sexe, en demandant un peu de réciprocité, pour ne pas avoir l’impression de baiser un gros tronc séché, la personne s’active mollement, trente secondes, avant d’arrêter, l’air de rien. Bien sûr que ça va me donner envie, de donner des ordres en permanence et de vérifier, matonne, que la mirliton bat bien la galette au rythme de trente tours minutes, d’un mouvement homogène, et de le réprimander dès qu’il faiblit. J’ai tellement envie de constater que quelqu’un n’a pas très envie de me faire plaisir, qu’il n’aime pas toucher mon corps et que je dois demander ça comme une faveur. Quémander. Je ne vois pas pourquoi je devrais donner du plaisir à tour de bras, ordonner à faire sans jamais recevoir la rançon de la gloire. Et a contrario, je ne peux pas me plaindre avec mon Fabien. Il est d’un naturel très généreux, ce qui me donne envie de lui donner autant si ce n’est plus que ce qu’il espère. Ses érections qui remplissent si bien ses caleçons me donnent des envies coupables. Je le presse contre moi et le mordille dans le cou. Il étreint mes courbes et remplit ses mains tant qu’il peut. Lorsqu’il est très excité, non seulement il mouille mes draps (ce qui me rend folle de désir), mais il vient se frotter contre moi. Même s’il est au-dessus, à m’agripper dans tous les sens, je sais qu’au moindre instant, si je le souhaite, je peux le renverser et venir l’utiliser. Parfois tout doucement, en le serrant jusqu’à l’étouffer, allongée de tout mon poids sur lui, les jambes en crapaud, à maintenir ses cuisses fermement fermées tandis que mon fourreau le lime. Parfois plus rapidement, le buste entièrement relevé, les mains appuyées sur la poitrine. Encore d’autres fois sur le côtés, à le tenir sur mes cuisses et à l’empoigner par le gras des hanches. Enfin d’autres fois à me laisser majestueusement baiser, en le mordant comme je le veux, le griffant, lui parlant, l’insultant aussi, surtout quand je monte. Tandis que j’ai du plaisir, il ne récolte que de la douleur. Mes ongles strient son dos. Il accélère. Je suis excitée de sentir qu’il aime souffrir pour moi. Je lui pince les tétons jusqu’au sang en le sommant de me contenter. Sans se contenter (sinon ce n’est pas drôle). Je pousse le vice jusqu’à lui donner des quotas, comme aux policiers. Et gare à la police des polices si la sainte trinité n’est pas atteinte : la bouche, la chatte, le cul. Mais je ne suis pas sectaire. La punition consiste à subir une fessée rugueuse sur le plat de mes cuisses, avant que je ne m’amuse à étirer le petit bout pendouillant, ce qui lui redonne bien vite assez de vigueur. Mais d’habitude, lorsque je jouis en l’agrippant et qu’il n’a pas joui depuis plusieurs jours, il part lui-aussi. Je ne suis pas vache, c’est plutôt comme une célébration à ma féminité. Je suis trop pleine d’amour quand je jouis pour être vraiment rancunière, et sans doute trop fétichiste des fluides. Je sais de toute façon que, sans le chercher, dans moins d’une heure, je sentirai sa truffe me renifler la croupe.

One thought on “La bête, la belle et le pantin”

  1. Merci encore de partager ces moments là. Comment ne pas envier l’heureux Fabien ? Mais on peut apprécier qu’il fait tout son possible pour mériter cette chance de partager ces instants avec Vous 🙂

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