Ce soir là, mes parents étaient de sortie et ils ne rentreraient pas avant deux heures du matin. Coup de chance, Benoît avait lui un impératif professionnel dans la même ville, il en profita donc pour s’éclipser aux alentours de vingt-deux heures trente. Il gara sa voiture plus haut dans ma rue et vint toquer à la porte. Je portais une chemise de nuit grise, courte et flottante, sans rien dessous.

Je fus surprise qu’il soit là si tôt ; je ne l’attendais pas avant un quart d’heure. Quand je lui ouvris, il souriait. Il commença à se déboutonner dans ma cuisine. Le temps que je range mes affaires, ses vêtements recouvraient le carrelage du couloir. Je percevais déjà l’odeur musquée et forte de son corps, une odeur que j’avais apprise à apprécier, une odeur d’animal qui se diffusait lentement jusqu’à moi.

« J’ai tout préparé à l’étage, tu peux monter : je te rejoins de suite.

― D’abord il faut que j’aille pisser.

D’un geste, je désignai les toilettes, mais il refusa.

― Emmène-moi dehors pisser comme un chien »

Bien que ce mois de Décembre soit beaucoup plus doux que les normales de saison, la pluie et le vent n’annonçaient pas une sinécure. Je feignis le courroux pour finalement le prendre par le bras et le pousser dehors. Il se tenait sur mon paillasson, sa peau basanée frémissante sans doute plus d’excitation que de froid. Son sexe me paraissait déjà bien dur.

Je crois que j’ai souri avant de le rejoindre sous la pluie battante. Je sentais à peine ma chemisette s’humidifier et coller à mon corps. Je ne pensais plus qu’à mon chien que je traînais toujours sur le pavé glissant. L’idée de ce que nous étions en train de faire m’inondait d’adrénaline. Ce que Benoît m’avait manqué !

Nous pataugions dans l’herbe de mon jardin ; notre poids faisait dégorger la terre rendue spongieuse par une journée d’averse. Un coup de pied plus tard, Benoît se retrouva à genoux dans la fange, gémissant comme un animal. Il ne m’en fallait pas davantage pour que je commence à l’humilier.

« Arrête de chouiner sale bête ; il ne fait même pas froid. Quel chien pathétique ! »

Alors d’une toute petite voix il me demanda :

« Est-ce que vous voudriez bien me la tenir pendant que je fais, Maîtresse ? »

L’exotique de sa requête me séduit instantanément : je posai donc une main sur sa croupe charnue que je caressais tandis que l’autre enserrait son membre gonflé. J’accentuais un maximum la pression de mes doigts. Benoît bandait tellement qu’il éprouva des difficultés à uriner. Il fallut que je restasse immobile le temps qu’il se détende.

Je n’entendis rien à cause de la pluie, et l’obscurité me permettait seulement de distinguer son corps. Quand il termina, j’éclatai de rire. Je l’enjambai pour me trouver à califourchon sur son dos solide. La peau de mes cuisses ainsi que celle de mon sexe frottaient contre lui à chaque oscillation du bassin. Ils devaient lui paraître brûlante en comparaison de la pluie qui s’abattait avec rage. Je commençais seulement à ressentir le froid.

C’était avec joie que je retrouvais le son du claquement de mes mains sur ses fesses, ponctué par ses soupirs. Mes mains se déplaçaient avec rapidité sur lui. J’aimais sentir son sexe tressaillir à mon contact, alors il s’érigeait plus encore tandis que le prépuce chaud et doux glissait contre ma paume.

« Oh Maîtresse, je bandais rien qu’à vous imaginer dans la voiture. Vous m’avez manqué. »

Un sourire ému se forma sur mes lèvres. Mes doigts se frayèrent un chemin jusqu’au plus profond de son cul. Je savais à quel point ces caresses l’excitait. Rapidement, j’en eus la confirmation à l’oreille. Hélas, je ne comptais pas le faire jouir dehors ; tout un programme nous attendait dedans. Après coup, je l’ai regretté.

Benoît resta à grelotter sur le paillasson tandis que je me dépêchais de chercher une serviette. Mon passage laissa sur le carrelage une traînée d’herbe, ce qui m’irrita ; je passai donc mes nerfs sur Benoît. Puis je le douchai et l’essuyai avec application.

« Maintenant attends-moi en haut de l’escalier, j’arrive. »

La maison devait rester propre pour ne pas attiser les soupçons de mes parents. Je l’ai rejoint avec un foulard que j’ai noué derrière sa nuque. Ensuite je l’ai emmené dans la future chambre d’amis, terminée quelques mois plus tôt. Le seul meuble était un matelas posé à même le parquet, ce qui donnait une incroyable impression d’espace, un peu comme s’il s’agissait d’une cellule coquette dénuée de superflu.

Les talons que je venais de mettre claquaient sur le chêne. Lentement, je tournai autour du matelas. À chaque coup, je voyais le sexe de mon soumis se dresser jusqu’à ce qu’il repose sur son ventre. La surprise, voilà ce qui l’excitait ; ne pas savoir à quoi s’attendre de ma part.

« Lèche ! » ordonnai-je sèchement en posant mon pied devant sa bouche.

Je le regardai laper avec application le cuir de mes escarpins, puis le dessus de mes orteils vernis. D’une main je m’appuyais sur sa nuque, de l’autre j’extrayais mes pieds. Une fois mes pieds nus (et mon équilibre rétabli), je le laissai sur le matelas. Lorsque je revins, je tenais son collier de chien. Je ne pouvais pas voir son visage, mais je suis sûre que si j’avais pu, j’aurais aperçu une étincelle de plaisir dans ses pupilles. Dès qu’il a senti le métal froid contre son cou, il m’a demandé si un autre l’avait porté.

« C’est ton collier, rien que ton collier, répondis-je. »

Désormais, Benoît était dans la peau de l’animal, réellement. Alors le jeu pouvait débuter…

Mon histoire avec Benoît s’est assez vite fini après cela, la faute à ses impératifs professionnels et familiaux. Nous avons continué d’entretenir de très bonnes relations et nous nous revoyons de temps en temps. Une fois, il a même eu l’occasion d’être enfermée dans une vraie cage pour chien. Il a dû se coucher dans le panier, collier au cou, et se faisait flatter en tout sens entre les barreaux. À chaque fois que nous avons l’occasion de reparler, il revient sur cet événement qui l’a beaucoup marqué. Ce fut le seul homme-chien que je dressai.

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