On se révèle parfois dans les domaines les plus invraisemblables. Je n’étais même pas majeure.

Tout a commencé quelque part dans l’Est de la France, dans un lycée de campagne dans une ville insignifiante de moins de vingt-mille habitants. J’étais jeune, aventureuse et j’avais eu l’idée saugrenue, initiée par l’une de mes cousines de deux ans mon aînée, de poster une annonce sur internet, plus par défi au départ que par réelle volonté de me lancer. C’était du moins ce que je croyais, mais quelque chose sourdait en moi et avait éclos : ce n’était déjà plus tout à fait un jeu.

Je venais de rencontrer Benoît la veille ; nous avions tout de suite merveilleusement accrochés. En fait, je ne pensais pas tomber sur un soumis dont la recherche correspondait à mes envies. J’aurais pu contempler la foule de mails et de photos anatomiques puis tout arrêter, par dégoût ou par peur pour cet univers rare dont l’apparence prend d’abord la forme de la laideur. Au contraire de bon nombre de candidatures bigarrées (pour rester polie), Benoît semblait simple, chaleureux. Humain. Il me mettait en confiance, et c’était bien là l’essentiel alors que j’étais vierge de toute expérience. Même si nous n’avions discuté qu’une seule soirée via internet, j’ai osé le rencontrer. Nous avons tant été satisfaits de notre premier rendez-vous que Benoît tint à me revoir le lendemain avant d’aller à son entretien d’embauche. Cette première rencontre avait su éveiller mon désir ; pour la première fois, un homme me dévisageait avec une étincelle de lubricité gourmande que j’appréciais. Je me rappelle parfaitement du sourire qui étirait ses paupières lorsqu’il s’était saisi avec spontanéité de ma main pour diriger mes doigts contre ses lèvres. La force de son regard alors que je pénétrai lentement sa bouche me fit frémir et, je l’avoue sans honte, baisser les yeux de malaise, ce qui ne m’empêchait pas d’apprécier le contact incroyablement érotique de cette succion. Il m’avait également gentiment massé les pieds pendant que nous discutions. J’appréciais sa petite frimousse ronde et basanée, cette désinvolture faussement nonchalante ainsi que sa familiarité, loin des acronymes ampoulés et des obscurs quinquagénaires vicelards. C’était un jeune métisse trapu à la voix douce et au rire contagieux. Il était plus âgé que moi de quelques années.

Il ne pouvait me consacrer qu’une heure lors de ce second rendez-vous mais nous avions si hâte de nous revoir que j’ai accepté.

Je n’ai cessé de piétiner sur ma chaise toute la journée. Quelle émotion, quel changement ! J’avais l’impression que jamais ma vie ne m’avait paru aussi palpitante ! Et pourtant, l’angoisse me cisaillait en deux ; d’un côté, j’avais hâte de vivre et de suivre cet instinct qui palpitait en moi tandis que de l’autre, je me hérissais à propos de ma performance de la veille que je jugeais indigne de la place que je prétendais prendre : je prenais conscience de mon inexpérience, de ma timidité ; bref, de toutes ces barrières qu’il me restait à franchir. N’étais-je pas finalement qu’une petite fille capricieuse qui se donne des airs de reine ? Étais-je capable de m’affirmer dans le cadre d’une relation, de mettre en acte ce que je fantasmais d’être en puissance ?

Il faisait magnifiquement beau et doux pour un après-midi d’Octobre. Nous nous sommes rejoints devant mon lycée, puis, sans savoir que lui raconter, je l’ai emmené vers les remparts de ma ville, un lieu de promenade plutôt discret et très proche. Petit à petit, la conversation s’est étoffée. J’ai pris le parti de tout lui révéler, il a donc appris que j’étais vierge malgré une première expérience homosexuelle. Mon inexpérience ne l’a pas dérangé, ce qui a permis de me débarrasser d’un fardeau. Bien vite, l’idée de jugement s’est estompée même si je me sentais encore corsetée par ma timidité.

Nous surplombions un grand parc, avec, au loin, la vue d’un petit étang artificiel. Là, les remparts formaient un muret en angle droit. Je me suis assise sur la pierre tandis que Benoît s’est positionné de profil par rapport à moi. Nous étions seuls sur le rempart qui nous cachait d’autant plus que la petite taille de mon compagnon lui permettait de dissimuler son corps pour les gens en contrebas. De toute manière, personne ne songeait à lever la tête.

Ce fut Benoît qui amena la conversation en douceur.

Tu te souviens de ce que tu m’as demandé ?

J’ai mis un certain temps à me rappeler que la veille je lui avais ordonné de ne plus porter de sous-vêtements pour nos prochaines rencontres. L’angoisse en était à son point culminant. Je me sentais gauche. J’ai quand même essayé de paraître assurée quand je lui ai répondu cavalièrement, mais maladroitement : « Montre-moi ton cul ».

Il déboutonna son jeans et le fit glisser, me dévoilant deux cuisses bien dessinées. Durant un instant, je suis restée pétrifiée à la vue de sa croupe charnue, presque aussi ronde que celle d’une femme. Au contact de ma main, j’ai senti son corps palpiter. La peau était fraîche, douce en raison des poils clairsemés, quasiment lisse. Benoît s’amusait de me voir découvrir son corps et c’était avec indulgence qu’il me faisait cadeau de sa personne, comme un vieux cheval se laisse diriger avec docilité malgré la main permissive du cavalier débutant. Sa chair me donnait envie. Il m’avait déjà proposé que je le fesse contre un arbre mais l’endroit était alors trop fréquenté pour que j’accepte. À cet instant, j’ai regretté, sincèrement, de n’avoir pas pu m’occuper de son fessier la veille. Je me suis donc redressée et, d’une main vigoureuse, l’ai frappé mollement. Un petit cri s’est échappé de ses lèvres, m’excitant au passage.

Mes coups se précisèrent, devinrent plus appuyés à mesure que le temps passait sans que quiconque ne vienne déranger notre retraite. La chair rougissait et des gémissements de plus en plus forts rythmaient les claquements sur son cul. Benoît, pour mon plus grand bonheur, se révéla extrêmement démonstratif. À l’entendre, je croyais fesser une femme, ce qui ne m’excitait que davantage et éveilla mes premiers penchants phalliques. Je me rendis également compte que ma sensualité passait essentiellement par l’ouïe, laquelle était étroitement liée à mon imagination. Il m’a demandé si je prenais du plaisir ; mon faible acquiescement ne pouvait pas être à la hauteur de mon ravissement intérieur. J’ai même osé, face à ses répliques, lui répondre.

« Ma Maîtresse, je suis un bon chien, rien que pour vous.

C’est tellement bon quand tu m’appelles comme ça. »

Et c’était la première fois qu’on m’appelait ainsi sans le truchement d’un écran.

Ma vigilance permit à Benoît de se rhabiller avant que des promeneurs ne nous surprennent. Ils nous jetèrent à peine un regard, malgré le peu de discrétion de mon soumis. Car c’était bien ce qu’il était devenu : mon soumis, même si j’avais conscience de n’être qu’une pitoyable Maîtresse.

D’une main, j’empoignai son membre raide tandis que de l’autre je pétrissais toujours sa chair meuble. Son visage rayonnait de plaisir. Paupières mi-closes, souffle haletant, j’avais l’impression de contempler une œuvre d’art tant la jouissance l’embellissait. Évidemment, plusieurs fois je lui fis mal par ma maladresse : mes mouvements de prépuce ne s’enchaînaient pas bien, je tirais trop, pas assez, puis je ralentissais, puis… Il m’humilia lorsqu’il dût m’expliquer les rudiments du plaisir masculin. Heureusement, j’ai vite appris : au bout d’un quart d’heure, je le branlais sans qu’il n’intervienne plus.

Il possédait un sexe en adéquation avec sa personne ; bien que sensiblement plus courte que la moyenne, sa verge avait une épaisseur bien supérieure. Et il se laissait faire, bras ballants, à gémir comme un chien face aux grattouilles de son Maître. Un modèle de passivité. Plusieurs fois, il sourit alors que j’inspectais son sexe ; petit à petit, j’en enregistrais les mécanismes les plus évidents. Il m’arrivait parfois, sous une poussée de désir, de frapper sa croupe. Le bruit charmant de ses fesses qui claquaient et tremblaient en même temps me ravissait. Désormais, le café au lait de sa peau se colorait de reflets rosés.

Avant même de tester la domination, l’anal m’attirait : je m’en nourrissais énormément lors de mes fantasmes masturbatoires. le plus souvent, je me retrouvai en position de dominante et l’homme était condamné à me contenter de toutes ses extrémités pour me remplir. Je rêvais secrètement d’explorer leur fondement sans savoir que c’était possible. Encore maintenant, je rêve souvent dans la peau d’un homme, homosexuel de surcroît, et versatile.

Mes doigts sur son derrière commencèrent à lentement descendre, s’insinuer dans la raie puis tâter cette petite rondelle qui suintait de mouille. Benoît s’excita encore plus lorsque je le caressai ainsi. Sans le savoir, je venais de trouver l’un des points stratégique de sa personne. Sans en prendre conscience, j’étais en train de le doigter en pleine ville, dans un lieu public. L’adrénaline pulsait. Sur son gland naturellement humide, du liquide séminal perla.

Grâce à mes bons soins, il jouit en quarante minutes en un flot puissant et écumeux. Je me rappelle très bien le crémeux de son sperme sur le muret, très opaque. Je voyais des gouttes perler sur mes doigts : je dus lutter contre mes pulsions pour ne pas les lécher. Je venais de faire jouir un inconnu. J’avais le pouvoir de donner du plaisir.

D’un pas aérien, il me raccompagna. Notre heure était si vite passée ! Il m’avoua que, du haut de ma maigre expérience, j’avais réussi à provoquer le plus long orgasme de sa vie et qu’habituellement, les femmes n’arrivaient pas à le faire jouir en le branlant. Pour avoir par la suite assisté à ses éjaculations, je peux affirmer qu’elles n’ont pour le moment jamais été aussi abondantes et épaisses que lors de cette première fessée pleine de maladresse et d’émotions…

One thought on “Ma première fessée”

  1. J’adore votre récit et j’avoue que je désirerais être à la place de votre soumis.
    Pour une maitresse débutante vous lui avais donné une délicieuse et vigoureuse fessée t vos l’avez divinement bien fait jouir
    Quel heureux homme.

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