La taille compte

Aujourd’hui, grande nouvelle : mon roman est enfin devenu un roman. Une explication s’impose.

En terme éditoriaux, en tout cas en France, un roman se distingue de la nouvelle et de la novella (une espèce de grande nouvelle) par sa taille. On ne compte pas un roman selon son nombre de pages, car il varie selon le format (poche ou grand format), l’interligne et la disposition des paragraphes. Grâce aux logiciels de traitement de texte, il est désormais facile d’estimer la longueur d’un texte, en comptant le nombre de mot ou de caractères.

Un roman doit dépasser un certain seuil, qui est fixé, globalement, à 250.000 signes espaces compris (correspondant environ à 40.000 ou 50.000 mots). En tout cas, c’est le seuil requis pour les maisons qui font de la science-fiction, de la fantasy ou du fantastique. J’imagine que la littérature classique édite des romans parfois plus courts.

Les magazines et maisons d’éditions cherchent des textes < 60.000 sec quand ils veulent des nouvelles. Entre 60.000 et 80.000 sec, c’est un peu tangent. C’est une grande nouvelle ou une novella parfois, selon les entités. Entre 80.000 sec et 250.000 sec c’est une novella. Au-delà, on touche au roman.

Hier, Rejetons des porcs a atteint les 250.000 sec (ou 42.000 mots). Mon texte est donc devenu officiellement un roman.

Pour vous donner un ordre de grandeur, j’ai rempli, en double interligne, un document word de 120 pages, en times new roman 12pt. Du classique.

Je vous ai donc publié un extrait supplémentaire sur le blog . N’hésitez pas à laisser un petit mot.

Du roman d’apprentissage à l’apprentissage du roman

Rejetons des porcs n’est pas à proprement parler un premier roman, au sens strict du terme. En effet, durant mon adolescence, j’ai déjà écrit deux romans.

J’avais 14 ans quand j’ai fini le premier. J’ai écrit un roman d’apprentissage de fantasy (un peu du style d’Harry Potter) de 480.000 sec. C’était donc un bon gros roman, et un travail colossal.

Ensuite, de 16 à 17 ans, j’ai écrit un premier récit d’anticipation, qui se passait dans un complexe scientifique aux confins de la Norvège, où on tentait de modifier le génome humain pour créer des humains résistants aux radiations (qui survivraient en cas de péril nucléaire). Pour l’instant, le résultat était décevant et les sujets étaient viables, mais mourraient jeunes, handicapés par leur patrimoine génétique. Je devais être à 340.000 sec. Il s’agissait d’un roman assez court.

Ces textes de jeunesse m’ont beaucoup appris. Même si évidemment j’ai évolué depuis, les écrire m’a permis d’apprendre à structurer un travail long, à comprendre comment je fonctionnais pour écrire, à gérer plusieurs personnages, à créer une trame narrative plus étoffée. Mon style a énormément changé (en mieux, là je le dis objectivement), entre mes 12 et 18 ans ! Peut-être plus vite que si je m’étais contentée de nouvelles.

J’ai utilisé ces expériences comme des tremplins pour gagner en expérience et en maturité. Je ne suis toujours pas assurée d’avoir la maturité suffisante du style et de l’imagination pour intéresser un éditeur, cependant, cela a permis de décoincer quelque chose dans mon esprit. Je savais que je pourrais, le moment venu, en réécrire un. C’est plus dur pour le tout premier, on doute sans arrêt. Bien sûr, on doute lors des autres projets aussi, mais on sait intrinsèquement qu’on est capable. Cela rassure.

J’ai aussi appris, durant mon adolescence, comment mettre mes textes en forme selon l’usage typographique. J’ai appris les codes, le vocabulaire, j’ai découvert les maisons d’éditions et les collections dans mes genres de prédilection. Tous ces savoirs ne sont pas inutiles. J’ai relu, corrigé, réécrit des parties de mes textes. Tant d’expériences qui sont importantes et ne doivent pas être négligées. La vie d’un texte ne s’achève pas une fois le premier jet terminé (malheureusement pour moi. Je déteste les corrections).

Apprentissage de l’organisation de son travail

Chose assez marrante, à l’époque, je me considérais comme quelqu’un de lent. Avec l’âge et l’habitude, j’ai gagné énormément en rapidité ! J’ai l’impression que mon style s’est affirmé, que j’ai davantage tendance à écrire en pilote automatique, en puisant dans un stock d’expressions et de tournures d’écritures déjà constitué. Je ne sais pas si cela est entièrement positif.

J’ai presque fini l’intégralité de mon nouveau projet en 4 mois (pour 300.000 sec environ escomptés) contre un an pour les deux projets de jeunesse.

J’ai même écrit 150.000 sec en janvier, soit une centaine de pages word. Je ne pensais vraiment pas être capable d’écrire site vite. Par contre je dois impérativement structurer un minimum ce que je vais écrire, avoir un ordre, un horizon. Un simple groupe nominal me suffit, mais l’enchaînement doit être clair dans ma tête.

Par exemple : Fouille archéologique / Découverte trésor / Flashback divination voyante / Arrivée du monstre / Mort de l’aventurier.

Je ne développe pas plus. Ma structure est composée d’une liste de tirets de quelques mots.

Au bout de la démarche

Même si ce roman n’est peut-être pas assez bon, j’ai envie d’aller au bout du processus, pour pouvoir passer à autre chose. Le finir, le corriger, le réécrire, puis l’envoyer à des maisons. Pour moi avant tout, pour me dire : tu as été au bout de la démarche.

Lorsque j’étais jeune, j’ai envoyé mon premier roman. J’avais 14 ans et je savais objectivement que je n’avais pas du tout le niveau, mais je voulais aussi finaliser ce projet.

J’ai eu la chance, entre des lettres de refus standardisées, de recevoir une lettre personnalisée d’un éditeur français. Et pas un des plus petits ! Quelqu’un de Mnémos m’a répondu directement, pour me féliciter, en me disant que pour mon âge, mon roman montrait des qualités d’écriture, et qu’il fallait absolument poursuivre. Qu’ils seraient heureux de lire quelque chose de moi dans quelques années, si je continuais à écrire. J’ai gardé la lettre dans ma chambre, chez mes parents. L’occasion de tenir le pari, avec ce roman ?

Au moins ils reconnaissaient le travail d’une gamine qui avait pris le temps d’écrire 500 pages, de faire une histoire avec un début, un milieu et une fin, une lettre d’accompagnement et un synopsis. Cela m’a tant fait plaisir à l’époque !

Je n’ai pas osé envoyer le roman que j’ai écrit au lycée. Ce n’était toujours pas assez bon. Mais je compte bien réaliser la démarche jusqu’au bout, avec celui là.

Et surtout, j’espère écrire d’autres romans par la suite.

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