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Comment bien écrire une description érotique ?

Comment bien écrire une description érotique ?

maîtriser l'art de la description érotique Repaire des Amazones

Que l’on soit poète, romancier ou nouvelliste, réussir ses descriptions est un enjeu majeur en littérature. Dans le cadre du roman ou de la nouvelle érotique ou pornographique, c’est un exercice de minutie d’autant plus primordial qu’il s’agit d’un genre se basant précisément sur lesdites descriptions pour emporter son lecteur.

Une description érotique doit en effet à la fois mener le lecteur à ressentir de l’excitation et à la fois l’immerger dans une ambiance particulière que l’auteur aura préalablement pensée et imaginée pour lui. Dans cet article, je vous donne quelques conseils pratiques afin de vous améliorer dans l’écriture de descriptions érotiques !

Ces astuces vous permettront :

  • De décrire de multiples scènes de sexe de manière active, sans ennuyer votre lecteur
  • D’équilibrer et de varier la description de vos personnages pour une meilleure immersion
  • De trouver votre style pour mieux vous démarquer de vos semblables.

La règle préliminaire du « show, don’t tell!

L’une des premières règles que tout écrivain en herbe se doit de connaître pour faire mouche, c’est qu’il faut réaliser des descriptions montrant les lieux de l’histoire : en les rendant actives et immersives. Pour ce faire, les descriptions doivent être incorporées dans l’action et/ou utiliser davantage de verbes d’action que de verbes d’état.

En anglais, cette règle se nomme le show, don’t tell! (ne le raconte pas, montre-le !).

Ainsi, plutôt que d’écrire que « Sylvia est une petite brune », on préfèrera enrichir sa présentation et la rendre active en disant que « la frange brune et inégale de Sylvia donnait à cette fille l’allure d’un poney shetland fatigué de faire des tours de manège ». Par exemple.

De mo côté, je nuancerai ce conseil de base.

Parfois, il est préférable de dire pour décrire – et donc de décrire sans détour – plutôt que de recourir à des phrases ampoulées pour dépeindre des choses triviales. En effet, une description en « show » mal équilibrée devient vite très maladroite, et donc peu agréable à lire.

De plus, la description moins dentelée de certains lieux ou actions peut relever d’un choix de style de la part de l’écrivain.

Ainsi, le conseil du show, don’t tell! ne me semble pas pertinent en toute circonstance dans le cadre de descriptions érotiques. En effet, il peut s’avérer difficile de « montrer » les différentes parties d’un corps, et notamment les organes sexuels. Cette opinion n’engage que moi et je ne pouvais de toute façon pas ignorer ce concept largement enseigné dans les ateliers d’écriture.

Equilibrer le niveau de détail de votre description érotique

Dans les romans, le niveau de description varie selon les choix de style des auteurs et les genres auxquels sont rattachées les œuvres. Ainsi, si un roman naturaliste aura tendance à naturellement contenir des descriptions très détaillées, les œuvres d’auteurs aux styles plus minimalistes comporteront des descriptions très épurées.

Dans le roman érotique, le souci de rendre l’ambiance sensuelle et la variété des décors et des positions impliquent des descriptions volontiers assez étoffées. Davantage que les lieux où se passent l’action, ce sont là les actions en elles-mêmes ainsi que les corps et les personnages qui sont décrits avec force de détails.

Une description (érotique) détaillée ne veut pas dire superflue

Attention, l’écriture d’une description érotique – étant donc plutôt détaillée – doit être rondement menée pour ne pas laisser de place au superflu.

Avec le temps, vous serez en mesure de trouver votre équilibre entre une description assez détaillée pour plaire, sans excès. Au-delà d’un certain seuil, une abondance de détails peut donner l’impression que le texte est artificiel, que vous avez cherché à gonfler sa taille.

C’est parfois malheureusement le cas dans certains récits érotiques ou pornographiques, car plus le texte est long, plus on peut le vendre cher.

En dramaturgie, la loi de conservation des détails, également connue sous le nom de fusil de Tchekhov, interdit à l’auteur de faire apparaître dans l’histoire des éléments non nécessaires à celle-ci.

Ainsi, si un accordéon est accroché au mur de la chambre mais qu’il ne servira pas dans l’histoire, il faut ne pas le faire entrer dans la description des lieux. Si ce principe reste un parti pris auquel on peut ne pas vouloir toujours adhérer, il a le mérite de mettre en lumière une chose importante : pour des raisons d’efficacité comme de captation de l’attention du lecteur, mieux vaut ne pas trop se perdre en détails inutiles !

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Ma technique pour rendre ma description érotique immersive

Voici ma petite technique pour rendre une description érotique immersive.

Je commence par visualiser les lieux dans lesquels l’action va se dérouler. Plutôt que de décrire tout ce que je vois, je me demande quels éléments sortent du lot ou contribuent à créer l’ambiance du lieu et du moment.

Ainsi, si la scène se passe dans un salon de coiffure mais que cela n’a pas d’importance dans l’intrigue, j’évite de décrire cet environnement. En effet, j’estime que le lecteur parviendra sans peine à s’imaginer à quoi peut ressembler un salon de coiffure.

De plus, laisser au lecteur la liberté d’imaginer certains détails offre quelques avantages : il peut se représenter et s’approprier l’espace, l’intrigue et les personnages selon ses goûts propres. L’érotisme est quelque chose de très particulier, subjectif. Il faut donc toujours laisser un espace de liberté à son lecteur où il puisse exprimer ses préférences.

Éviter les répétitions en renouvelant ses descriptions érotiques

Dans un roman ou une nouvelle, la scène érotique intervient au dénouement d’une tension amoureuse plus ou moins longuement développée. Ainsi, il y a rarement plus d’une ou deux scènes de ce type dans un livre.

Dans les romans érotiques cependant, chaque chapitre en contient une ! C’est là que réside, selon moi, l’une des difficultés propre au roman pornographique ou érotique : comme l’intrigue tourne autour des pratiques sexuelles des personnages, il faut veiller à renouveler sans cesse les scènes sexuelles et les pratiques décrites pour ne pas ennuyer le lecteur. L’un des outils que j’ai mis au point pour m’aider dans cette tâche est la fameuse liste des pratiques sexuelles. Je peux piocher dedans de nouvelles idées dès la conception de la nouvelle.

Varier les personnages, les actes, les situations, les environnements et les dialogues n’est pas toujours simple. Suite à cela, il faut travailler les descriptions en elles-mêmes pour soigner son style – afin qu’il ne soit ni plat, ni répétitif – et garder l’attention du lecteur. C’est là, peut-être, l’aspect le plus difficile et minutieux du travail d’écrivain de littérature érotique.

J’essaie ensuite de trouver des angles originaux pour plonger le lecteur dans la scène érotique : suivre le fil des pensées d’un personnage, imposer une tonalité particulière, utiliser un champ lexical orienté, partir sur une description ou un style plus anatomique, brut ou naturaliste que d’habitude, travailler un effet comique, jouer dans les dialogues… Mais c’est bien sûr à vous de développer vos propres techniques et astuces pour maintenir la tension – et l’attention ! – de vos descriptions érotiques !

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☄️ Les sexualités sont un cosmos 💫