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Aimez-vous être un meuble humain ? Vous êtes forniphile !

Aimez-vous être un meuble humain ? Vous êtes forniphile !

meuble lampe repose-pied : toutes les postures du meuble humain ou forniphile

La forniphilie est un nom incongru pour un fantasme qui l’est tout autant. Décryptons cette pratique sexuelle atypique où l’excitation découle du fait de devenir un meuble humain.

Qu’est-ce que la forniphilie ou le fantasme du meuble humain ?

La forniphilie signifie littéralement « qui aime être un meuble ». À partir de là, on devine que la forniphilie désigne un fantasme bien particulier qui consiste à être transformé en meuble humain durant ses rapports sexuels. Le fait de devenir un objet est alors perçu comme très excitant par les personnes forniphiles. Les postures préférées du forniphile ? Table, abat-jour, repose-pieds, canapé. Les jeux de rôles proposés sont variés.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la forniphilie est un fétichisme sexuel assez commun (du moins dans l’univers BDSM et fétichiste), même s’il l’est moins que ces dix fétichismes.

Forniphilie : un jeu de rôle BDSM

La forniphilie est ainsi un drôle de fantasme qui se réalise le plus souvent dans le cadre d’une relation BDSM. Pourquoi ? Les poses sont souvent contraignantes, ce qui s’inscrit parfaitement dans les jeux d’obéissances et de discipline. De plus, devenir un meuble humain est assimilé à une forme d’humiliation et de négation de soi. Nous touchons ainsi des concepts et des intérêts qu’on retrouve dans un certain nombre de pratiques et de dynamiques de domination, de soumission et de sadomasochisme.

Mon expérience de la forniphilie en contexte BDSM

Dans la plupart des cas, les soumis forniphiles que j’ai rencontrés étaient également fétichistes des pieds, un fétiche plus répandu. Dans ce cas, ils aimaient que je grimpe sur leur dos pour essuyer mes chaussures sur eux ou que je les foule aux pieds comme un tapis humain. Cette dernière pratique s’appelle trampling.

L’un d’eux souhaitait dormir la nuit à côté de mon lit pour sentir mes pieds nus marcher sur lui quand je me levais pour aller aux toilettes. Autant dire que je me suis amusée à faire quelques allers-retours et qu’il n’a pas dû beaucoup dormir !

Autre cas assez fréquent, celui du fétichiste amateur de fluides humains. L’homme veut alors devenir des toilettes humaines. Il réceptionne l’urine et les excréments dans sa bouche, avale, puis gratifie la maîtresse d’un délicat massage des orifices : sa langue sert ensuite de véritable papier toilette.

De manière plus théorique, via des discussions, j’ai constaté une dernière variante de la fornophilie, liée au fétichisme de la cigarette (smoking fetish). Cette variante consiste à transformer l’homme en cendrier humain : la femme lui demande de tirer la langue puis éteint sa cigarette sur cette dernière. Gare au soumis qui laisserait tomber de la cendre au sol !

Le fétiche du meuble humain ou retournement de l’ordre établi

Si la forniphilie peut être pratiquée aussi bien par des hommes que par des femmes, la plupart des récits qu’on trouve sur internet mettent en scène des hommes meubles humains maltraités par des femmes intransigeantes. On peut se demander pourquoi ?

De manière générale, il est vrai que les femmes fétichistes sont plus rares (ou plus discrètes), quel que soit le fétichisme. Le fétichisme, sujet déjà tabou, est caché par ceux qui l’éprouvent, surtout lorsqu’il s’éloigne des parties du corps fréquemment érotisées comme la poitrine, le sexe ou les fesses.

Cependant, on ne peut que tiquer sur cette érotisation du statut d’homme-objet et interroger nos rapports, genrés, à la perception de l’autre comme potentiel objet érotique.

C’est un fait : en dehors du BDSM, les femmes ont été souvent objectifiées (symboliquement) par les hommes. Les media, la publicité et la culture ont trop souvent présenté une image de femme soumise qui se plie aux désirs des hommes. Dans ce cadre, qu’un homme désire devenir un meuble, une fourniture ou un objet fait office de retournement de l’ordre établi. C’est aller à contre-courant des normes ! Et vous savez ce que provoque la transgression. L’excitation, of course !

Certaines femmes soumises prennent cependant des poses plus ou moins suggestives pendant les rituels, par exemple à genoux, mains sur les genoux ou écartées. La passivité qu’on leur demande alors via ces postures ressemble à une forme de forniphilie. La transformation en meuble s’opère moins souvent de manière littérale comparée aux hommes soumis.

Conclusion

La transgression est le moteur des fantasmes. La forniphilie n’échappe pas à la règle. Être forniphile, c’est vouloir abandonner ses privilèges pour n’être plus considéré que sous son angle utile, perdre son humanité pour finir comme objet au service d’une autre personne.

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