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Urophilie, Urolagnie, Ondinisme : trois noms pour un fantasme

Urophilie, Urolagnie, Ondinisme : trois noms pour un fantasme

Urophilie, urolagnie, ondinisme : les jeux érotiques et fantasmes avec l'urine

Urophilie, Urolagnie, Ondinisme… Quand on parle de jeux sexuels impliquant l’urine, les noms ne manquent pas. Les appellations les plus connues en la matière sont l’urophilie et l’urolagnie, alors que, pour les poètes, on parlera plutôt d’ondinisme. D’où viennent ces trois termes et existe-t-il des différences notables entre eux ? Vous aussi, venez jouer à touche-pipi avec nous !

Urophilie, urolagnie, ondinisme : trois mots pour une même réalité

L’urophilie, l’urolagnie et l’ondinisme désignent le même fantasme, lié au même fétichisme : celui de l’urine. Les pratiques uro consistent en effet à jouer avec l’urine, que ce soit son urine ou celle de son partenaire. Pour les adeptes du fantasme, la vue, le toucher, l’odeur et le goût de l’urine sont des facteurs provoquant l’excitation lors des rapports sexuels.

S’il existe bien plusieurs termes pour qualifier ces pratiques fétichistes, les pratiquants utilisent plutôt celui, assez générique, d’urophilie. Celui-ci est d’ailleurs souvent contracté en « uro ».

Urophilie, urolagnie, ondinisme : étymologie des termes

  • L’urophilie correspond au terme le plus neutre des trois évoqués. En grec, « uro » désigne l’urine et « philie » – qui est un suffixe que l’on connaît bien – désigne « celui qui aime ». Ainsi l’urophile désigne toute personne qui apprécie l’urine et l’urophilie désigne la pratique (érotique) qui consiste à apprécier être en contact avec l’urine.
  • Dans l’urolagnie, on retrouve le préfixe grec « uro » relatif à la pisse, auquel est cette fois adjoint le mot grec lagneia, signifiant « débauche ». Ce terme est donc déjà moins neutre que celui d’urophilie. Il peut, de prime abord, être perçu comme dégradant ou négatif et c’est sans doute la raison pour laquelle il est d’ailleurs moins utilisé qu’urophilie. C’est un terme plus ancien, datant du XIXe ou XXe siècle. On appelle urolagnes les pratiquants de l’urolagnie, mais c’est un mot désormais inusité que vous ne lirez plus que dans certains livres et dans le dictionnaire !
  • Enfin, l’ondinisme est sans doute, parmi ces trois termes, le plus poétique pour parler des jeux de pisse. Ce mot renvoie à la mythologie nordique, aux ondins et aux ondines – sortes de génies et de naïades qui s’ébattaient dans les vagues, les mers, les fleuves et les rivières. Ces dernières, souvent confondues avec les sirènes, apparaissaient aux hommes comme de magnifiques et séduisantes jeunes filles. Cette origine mythologique trahit bien le caractère attrayant de l’élément liquide dans la pratique de l’ondinisme. Le parallèle est non seulement clair, mais aussi poétique !

Urophilie, urolagnie, ondinisme : pourquoi ça plaît ?

Les pratiques et les fantasmes uro sont très répandus au sein de la population. De nombreux artistes ont d’ailleurs affirmé leur attrait pour les jeux de pipi.

Georges Bataille, écrivain et critique littéraire, a ainsi théorisé l’érotisme et la transgression en littérature dans son livre Histoire de l’œil, où l’on trouve des personnages féminins prenant leur pied en pissant sur des personnes ou des objets.

Mais qu’est-ce qui mène tant de personnes à explorer ou à apprécier les golden shower ?

La pisse est un fluide intime que l’on garde habituellement pour soi – on a même socialement appris à s’isoler aux toilettes pour s’en débarrasser. L’être humain est ainsi un des rares animaux qui, pudique, refuse de faire ses besoins devant ses congénères. Voir ou jouer avec la pisse permet donc d’être en contact avec quelque chose que l’on garde en général pour soi… et rien que ça, c’est un peu excitant !

L’urine est considéré comme sale, ce qui donne une dynamique particulière aux fantasmes uro, fondée sur transgression. S’amuser de l’interdit et se sentir dépasser les limites que l’on nous a toujours apprises provoque un sentiment grisant de liberté, renforcé par la complicité du partenaire – car l’uro c’est bien un jeu pour deux (au moins) !

Mais l’excitation liée aux jeux de pisse ne se limite pas à ces éléments psychologiques : le pipi a des effets physiques sur notre plaisir. N’avez-vous jamais remarqué qu’avoir la vessie pleine stimulait le plaisir durant un rapport sexuel ? En effet, chez les femmes comme chez les hommes, avoir la vessie pleine appuie sur les organes alentour. Le clitoris devient ainsi plus sensible et la prostate se retrouve un peu comprimée, pour le plus grand plaisir de tout le monde !

Enfin, pour les amateurs de BDSM, la gêne épice le plaisir et crée un sentiment de douleur-plaisir. Les pratiques urophiles peuvent se pratiquer dans le cadre de restriction physique ou psychique, par exemple en ordonnant à quelqu’un de se retenir jusqu’à la souffrance.

Une preuve que l’uro peut être érotique ? Découvrez un livre érotique qui raconte l’initiation d’un jeune homme et ses premiers jeux érotiques osés avec sa compagne. Jeunesse dorée comporte des passages dépeignant des expériences urophiles en couple.

Urophilie, urolagnie, ondinisme : est-ce dangereux ?

Comme bien des fantasmes, l’uro n’a rien de grave en soi.

En effet, si beaucoup de personnes sont excitées par l’urine, il n’en demeure pas moins qu’elles peuvent vivre une sexualité riche et équilibrée avec leur partenaire. Comme pour tous les fétichismes, l’uro ne peut être considéré comme un problème qu’à partir du moment où ce dernier entre en conflit avec le reste de la vie sexuelle et sociale de l’individu – si ça le marginalise. Dans la grande majorité des cas, les personnes uro ont une sexualité dans laquelle l’uro est une pratique occasionnelle. Dans ces circonstances, il n’y a donc aucun problème à être urophile !

Concernant l’aspect hygiénique de la pratique, il est utile de savoir que l’urine fraîche n’est pas sale : elle est très majoritairement composée d’eau. De plus, pour pouvoir pisser plus longtemps ou éviter le désagrément d’odeurs trop fortes, les amateurs d’uro se forcent généralement à beaucoup boire avant et pendant les rapports pour faire s’écouler davantage d’urine, ce qui dilue cette dernière. Une urine diluée se reconnaît à sa couleur jaune pâle et à sa faible odeur.

C’est le matin, lorsque nous nous levons pour aller aux toilettes pour la première fois de la journée, que l’urine est la plus concentrée. Elle est alors jaune foncé et sent fort.

L’urine peut changer de couleur et d’odeur en fonction de notre régime alimentaire et de notre niveau d’hydratation. La bière et la consommation d’asperges sont d’ailleurs réputées pour donner à l’urine une odeur particulière extrêmement entêtante.

Cependant, faites attention si vous consommez des médicaments, si votre urine est brune ou tachée de sang, ou si vous avez mal en urinant. Il ne faut alors ni avaler ni faire boire votre urine – et nous vous conseillons de consulter un spécialiste si cela perdure.

Découvrir

Les jeux d’urine érotiques pendant les rapports sexuels

Concrètement, que font les urophiles ou urolagnes derrière le paravent, dans leur intimité coquine ? À vrai dire, vous seriez surpris de savoir à quel point les jeux sont variés ! Au choix, dans les pratiques les plus courantes, ils peuvent :

  • Pisser devant témoin. De nombreuses personnes sont excitées à la vision de leur partenaire pissant, par exemple dans la nature ou sur le bord d’une route, partiellement dénudés. De dos, les fesses fendues et le sexe entrouvert de l’autre sont alors visibles et font monter le plaisir. Le bruit de l’urine peut aussi concourir à leur excitation.
  • Pisser sur l’autre. On entre là dans l’aspect charnel de l’uro : le plaisir consiste à sentir couler un fluide chaud sur soi ou sur l’autre. On touche ici aux fantasmes BDSM de l’uro car on devient marqué par l’autre, par son odeur – comme un animal marquerait son territoire. Il existe aussi une dimension humiliante à ce jeu, perçu comme un acte dégradant. Cette pratique est également appelée douchée dorée (golden shower en anglais). C’est assez explicite n’est-ce pas ? Il est ensuite possible de se masturber ou de se frotter le corps et les parties une fois enduites d’urine. Odeur et frissons garantis !
  • Boire l’urine. Cela se fait également, souvent dans le cadre de jeux BDSM.
  • Obliger son partenaire à se retenir. Là encore, nous sommes dans l’univers du BDSM. Se retenir provoque une gêne grandissante au fur et à mesure des secondes qui passent et cela se transforme en une souffrance physique et psychologique qui se conclut par un pipi culotte. Certains aiment ainsi être forcés à uriner sur eux, dans leurs vêtements ou encore dans une couche. La honte (consentie) les excite, de même que le fait que le partenaire exerce alors un pouvoir sur eux – celui de leur dire « non » et de les forcer à se retenir toujours plus jusqu’à l’inévitable…

Les anglais ont de drôles de terminologies pour tous ces jeux. On peut ainsi citer leurs amusants sports aquatiques (water sports) et leur non moins élégant jeu de pisse (piss play) !

Urophilie, urolagnie, ondinisme : les jeux érotiques et fantasmes avec l'urine

Les soupeurs : les amateurs de croûtons d’urine

Les soupeurs représentent une catégorie particulière d’amateurs de jeux uro-érotiques. Ils sont d’ailleurs devenus des personnages mythiques, de véritables légendes urbaines.

Les soupeurs (majoritairement des hommes) éprouvent un plaisir sexuel à faire face à l’urine d’autres hommes. Au siècle dernier, ils se retrouvaient dans les vespasiennes, mais la disparition de ces dernières a drastiquement diminué leurs effectifs. Certains fréquentent aujourd’hui encore les toilettes publiques.

Ces hommes sont appelés soupeurs car ils aiment récupérer l’urine d’inconnus dans les urinoirs au moyen de croûtons de pain. En effet, quel meilleur outil qu’un croûton qui s’imprègne lentement de l’urine conjointe des visiteurs ?

Les soupeurs allaient ainsi, le matin, poser leurs croûtons en de divers lieux d’intérêt avant de les récupérer puis de les manger. Certains ramenaient même les croûtons chez eux ou se les partageaient entre amis ; on imagine d’ici l’étrangeté du festin !

Une variante de cette pratique consiste à boucher les urinoirs pour pouvoir ensuite tremper son sexe ou se masturber dans les urinoirs pleins. À la soupe !

Conclusion

Les pratiques de pipi érotiques – bien loin d’être marginales – ont, comme tous les fétichismes, des racines profondes. Les amateurs le savent : lorsque la tête y est et que les liens symboliques se font, l’acte sexuel devient plus qu’un simple contact plaisant de parties génitales étrangères. L’aspect profondément mental des jeux de pipi érotique tantôt défendus, tantôt sales, tantôt humiliants, suscite le désir, renforce le plaisir et mène à de puissants orgasmes. La sexualité du couple s’en trouve enrichie… mais encore faut-il oser en parler et trouver un partenaire qui accepte de s’y essayer !

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☄️ Les sexualités sont un cosmos 💫